Études anglaises - N°2/2011, Sciences et poésie de Wordsworth à Hopkins
EAN13
9782252038024
ISBN
978-2-252-03802-4
Éditeur
Klincksieck
Date de publication
Collection
Études anglaises
Nombre de pages
128
Dimensions
23 x 15 x 2 cm
Poids
190 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
Fiches UNIMARC
S'identifier

Études anglaises - N°2/2011

Sciences et poésie de Wordsworth à Hopkins

Klincksieck

Études anglaises

Offres

Aurélie THIRIA-MEULEMANS — « Science of feelings » : de la complémentarité entre science et poésie chez Wordsworth
La posture anti-scientifique des poètes romantiques de la première génération en est presque la marque de fabrique, et Wordsworth ne fait pas figure d'exception : son célèbre « we murder to dissect » revendique une appréhension directe de la nature, à l'encontre des méthodes scientifiques. Son portrait de l'enfant prodige, au livre IV du Prélude, se lit comme une satire de l'approche scientifique de la nature, alors que celui du Winander Boy, quelques dizaines de vers plus loin, présente un rapport exemplaire à celle-ci. Il convient cependant de nuancer un tel rejet : la communion avec la nature si souvent dépeinte n'est pas exclusive d'un questionnement de cette même nature. À y regarder de plus près, tout prête à croire que le poète est perçu comme le confrère, le complément du scientifique, lui qui « porte la sensation au cœur des objets de la Science elle-même ».
The anti-scientific bias of the first generation of Romantic poets is well-known, and Wordsworth is no exception. His famous "we murder to dissect" advocates a direct apprehension of Nature that runs against scientific methods. His portrait of an infant prodigy in the fourth book of The Prelude even reads as a satire of the scientific approach of nature, the proper attitude being described, a few dozen lines further, through the character of the Winander Boy. Yet this rejection should be qualified inasmuch as the communion with Nature so often depicted is not exclusive of a questioning of her. On looking closer, one might even think that the poet is something of the scientist's counterpart, he who “[carries] sensation into the midst of the object of the Science itself.”
Laurent FOLLIOT — « We must bewilder ourselves, whenever we would pierce into the Adyta of Causation » : les ressorts du monde dans la poésie de jeunesse de Coleridge
L'ambition poétique du jeune Coleridge le mène un moment du côté de la spécu-lation philosophico-scientifique de son temps. La pensée de Hartley et de Priestley, et la poésie panthéiste d'Erasmus Darwin nourrissent chez lui l'intuition de « myriades » de « monades » faisant œuvre providentielle au sein de l'univers. Mais Coleridge prend rapidement ses distances vis-à-vis de la science matérialiste, en une critique qui est d'ordre poétique aussi bien que philosophique : le désir d'observer et de figurer les causes originaires des phénomènes est une forme d'idolâtrie, qui aboutit à une poésie artificielle et figée. Le rejet des « machines allégoriques » apparaît ainsi comme un moment significatif du « divorce » entre science et poésie auquel serait plus tard associé le romantisme.
Coleridge's early poetical ambitions owed much to contemporary speculations in natural philosophy and metaphysics. Hartley's vibratiuncles, Priestley's dynamic monism and Erasmus Darwin's pantheistic poetry all seemed to converge into a central vision of organising “myriads” providentially at work within the universe. Yet Coleridge soon distanced himself from “materialistic” science, for both philosophical and poetical reasons: he saw the will to see—and to image forth—the -primary causes of things as a species of idolatry, leading to poetry of an artificial kind. His subsequent dismissal of “allegorical machinery” was an important moment in the “divorce” between science and poetry that would later be associated with Romanticism.
Sophie LANIEL-MUSITELLI — « Weave the Mystic Measure » : cadence, mesure et nombre dans Prometheus Unbound de P. B. Shelley
Dans Prometheus Unbound, une affinité se crée entre physique et poétique. À l'acte II, l'onde sonore symbolise la capacité de l'inspiration poétique à éveiller les énergies latentes de la matière et de l'esprit humain. Sa périodicité épouse les effets de retour des rimes et des rythmes poétiques. Le trajet des ondes symbolise alors la dissolution des frontières entre intériorité et extériorité, ce qui donne lieu, au cours de l'acte IV, à une célébration du cosmos comme réseau d'attractions mutuelles. L'affinité entre science et poésie se manifeste alors grâce à la notion de mesure, qui pointe à la fois vers la métrique et vers les mathématiques. La physique mathématique permet de découvrir le rythme régulier qui régit le mouvement des corps célestes. Elle contribue à une réflexion sur la capacité de l'écriture poétique à informer la matière, à mettre au jour l'harmonie de ses architectures cachées. L'astronomie, entre mesure mathématique et démesure de l'univers, symbolise le désir de faire entrer l'infini dans la trame du poème.
Prometheus Unbound brings to light the affinities which unite physics and poetics. During Act II, the awakening of the latent energies in matter and in the mind is conveyed by the motif of the sound wave. Its periodic movement embraces the regular return of rhymes and rhythms in the poem. Sound waves spread and reverberate throughout Asia's song: they stand for the way poetic language breaks up the boundaries between the Self and the Other. This leads, in Act IV, to the celebration of the cosmos as a web of mutual attractions. Measure, a concept shared by prosody and mathematics, then becomes the leading metaphor for the affinity between science and poetry. Mathematical physics allows the discovery of the harmonious rhythms that govern the trajectories of celestial bodies. It contrib-utes to the poet's meditation on the ability of poetry to give form to matter and highlight its hidden harmonies. Astronomy, which associates the accuracy of mathematics with the boundlessness of the universe, stands for the desire to encompass the infinite within the measured frame of the poem.
Caroline BERTONÈCHE — The Beating Art of Keats's Surgical Poetics
This article deals with the perceptions of the mind and body in Keats's art and reflects on the role of medicine at that time, including the rise of surgery (1800-30). Keats, the apothecary-surgeon, is indeed the author of an anatomy of poetry, choosing to dissect his characters while preserving their spirits. He is inspired by a medicine of “conservation” treatments, integrated in a larger narrative of aesthetic reconstructions and scenes of passion born out of an art of skulls and corpses. As he explores the living, the poet-physician develops another vision of scientific “disinterestedness” where the verse of the anatomist opens up to the grotesqueness of humanity. The wounds and broken souls are of interest only for the beauty of their reconstruction and the world of science is thus reshaped by the poet's Romantic sensibility. In the end, Keats's fascination for man's inner mechanisms (arterial pulses, blood vessels, veins, fluids) makes for a new kind of poetry.
Cet article traite des perceptions du corps et de l'esprit dans l'art de Keats et analyse le rôle de la médecine — et de la chirurgie (1800-1820) — à l'époque romantique. Keats, l'apprenti chirurgien-apothicaire, crée donc une anatomie de la poésie en choisissant de disséquer de près le corps de ses personnages tout en préservant leur esprit. Il s'inspire d'une médecine de la « conservation » qu'il intègre dans un récit plus large sur la reconstruction esthétique où la passion se vit dans un univers de squelettes et de cadavres. Au fil de cette exploration du vivant, le poète-médecin nous fait découvrir une autre vision du « désintéressement » scientifique forçant les vers de l'anatomiste à s'ouvrir aux formes grotesques de l'humanité. Les blessures de l'âme n'intéressent le poète que pour la beauté de leur reconstruction et le monde de la science change de visage, après s'être laissé séduire par le pouvoir des sentiments. Enfin, la fascination de Keats pour les mécanismes internes de l'homme (pulsations artérielles, flux sanguins, veines, fluides) contribue à l'émergence d'un nouveau genre de poésie.
Haude THÉODEN-PALANQUE — « And nothing stands » : science et poésie dans In Memoriam et The Princess de Tennyson
L'intérêt que Tennyson porta, sa vie durant, à la science se reflète dans deux de ses poèmes majeurs : In Memoriam et The Princess. L'intertexte scientifique, loin -d'apporte...

S'identifier pour envoyer des commentaires.