Simplicius et l'Infini
EAN13
9782251420165
ISBN
978-2-251-42016-5
Éditeur
Les Belles Lettres
Date de publication
Collection
Anagôgé
Nombre de pages
598
Dimensions
24 x 16 x 3 cm
Poids
942 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
Code dewey
681.111
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Comment penser la présence de l'infini dans la phénoménalité du monde fini? Comment articuler l'affirmation de la finitude du monde et celle de l'infinie puissance de son principe, en dehors de toute cosmogonie créationniste? Rédigé à la fin de l'Antiquité, le Commentaire à la Physique d'Aristote dû au philosophe néoplatonicien Simplicius offre une réponse à ces questions. Il montre comment l'analyse du monde fini, tel qu'il est donné dans l'expérience phénoménale, permet d'y découvrir l'inscription d'une puissance d'un autre ordre. Il fait même de la reconnaissance de cette puissance une condition d'accès à l'intelligibilité du devenir. Le présent ouvrage propose une mise en perspective de l'histoire du problème de l'infini (apeiron) dans la philosophie grecque antique, à travers l'étude de la mutation du sens et de la valeur accordés à ce concept dans le Commentaire de Simplicius (In Physicam, III, 4-8). Toutefois, ce texte n'est pas simplement situé comme un document d'étape. Certes, on y déchiffre le symptôme d'un puissant mouvement historique de transition spirituelle: à partir d'un « illimité » négativement connoté depuis le tournant parménidien, celle-ci débouchera, par le relais de la philosophie médiévale, sur l'idée moderne d'une infinité positive. Mais le passage de « l'illimité » à « l'infini » désigne encore un mouvement anagogique interne à la démarche même de l'exégèse de Simplicius. De fait, la critique aristotélicienne du faux infini engendré par la représentation y est interprétée comme une préparation à la célébration d'une infinité expressive de la puissance de l'Un, laquelle déploie sa fécondité depuis l'ordre intelligible jusqu'au devenir sublunaire. Appuyée sur des traductions inédites de textes de Simplicius, mais aussi de Jamblique, de Syrianus et de Proclus, cette enquête excède le seul spectre doctrinal du platonisme depuis Plotin. Outre le destin de pensées présocratiques comme celles d'Anaxagore et des Pythagoriciens, elle interroge également le statut problématique de la « doctrine orale » attribuée à Platon, le moyen platonisme, le pythagorisme hellénistique – et au premier chef la philosophie aristotélicienne elle-même.

Docteur et agrégé de philosophie, Philippe Soulier enseigne actuellement en classes préparatoires aux grandes écoles; il est aussi chargé de cours à la faculté de philosophie de l'Université de Nantes.

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