Le maquis de Glières, mythe et réalité
EAN13
9782262040093
ISBN
978-2-262-04009-3
Éditeur
Perrin
Date de publication
Dimensions
24 x 15 x 3 cm
Poids
723 g
Langue
français
Code dewey
940.5336094458
Fiches UNIMARC
UTF-8 / MARC-8

Le maquis de Glières

mythe et réalité

De

Perrin

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La déconstruction d'un mythe.
Précédé par Charles de Gaulle (1944, 1948, 1960) et François Mitterrand (1994), Nicolas Sarkozy, par ses pèlerinages annuels à Glières entre 2007 et 2011, a largement contribué à populariser un lieu où se serait déroulée la " première bataille de la Résistance " (fin mars 1944) quelques semaines avant le Débarquement en Normandie.
Une division allemande engagée, deux à trois cents morts allemands, autant de blessés, tel est le bilan qu'une certaine littérature présente de l'un des plus hauts faits de la Résistance à l'occupant allemand.
Mais si la réalité démentait la légende ?
Jusqu'à l'heure actuelle, aucune recherche sur cette " grande et simple histoire ", (André Malraux), n'avait été entreprise sur la base d'archives provenant tant de France, d'Allemagne, de Grande-Bretagne ou de Suisse que des États-Unis.
La découverte de nombreux documents d'époque comme les entretiens conduits auprès des derniers témoins permettent de contester l'extravagance de certains bilans.
Loin d'avoir été le théâtre d'un combat acharné, Glières se présente comme le rassemblement de jeunes hommes, essentiellement des réfractaires au STO, qui ont trouvé refuge sur un plateau enneigé afin de fuir la répression qui régnait en vallée. Cette concentration humaine sur le plateau de Glières amène Londres à lancer trois parachutages d'armes sur Glières. L'incapacité des forces vichystes à conclure le siège amène l'aviation puis les chasseurs alpins allemands à prendre les choses en main. Mais lorsque les Allemands prennent pied sur le Plateau, celui-ci est... vide !
Si le bilan humain de la " bataille " de Glières est modeste (un soldat allemand tué accidentellement, deux maquisards tués et un blessé), une répression particulièrement sévère succède à la dispersion du maquis et provoque une centaine de victimes résistantes.
Glières est donc avant tout un crime de guerre, maquillé en victoire militaire par le gouvernement de Vichy et notamment par Philippe Henriot qui jamais n'évoque la moindre participation allemande. Par la voix de Maurice Schumann, les services du général de Gaulle - trompés par leur représentant en Haute-Savoie – répliquent en exagérant les pertes allemandes et en transformant les événements en véritable épopée guerrière.
Au-delà de l'histoire d'un épisode de la Seconde Guerre mondiale, cette recherche, fruit d'une thèse soutenue en Sorbonne et dédiée à un maquis légendaire fait le point sur la création des maquis, leurs conditions d'existence, leurs soutiens, et la répression qu'ils ont subie. Elle décrypte également la mémoire d'un site qui, depuis près de soixante-dix ans, a suscité commémorations et visites officielles tout en engendrant une littérature qui a trop souvent privilégié les attraits de l'épopée sur les rigueurs de l'histoire.

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